Type d'article
Portrait

Témoignage de Simon Dufour sur la mise en place de l’APC

Simon DUFOUR, enseignant-chercheur à l'Université Rennes 2, Département de Géographie et d’aménagement de l’espace et responsable du Master GAED témoigne de son expérience concernant l’approche par compétences (APC) dans le cadre du projet NCU Cursus Ide@l. 

Quel déclic vous a amené à repenser le Master mention Géographie, Aménagement, Environnement, Développement (GAED) dans une démarche d’approche par compétences (APC) ?

S.D. Deux éléments de contexte nous ont amené à impulser la démarche de compétences : la phase préparatoire de la future accréditation et la cohabilitation du master avec AgroCampus Ouest, établissement qui met en œuvre la démarche d’APC. Enfin, l'élément déclencheur a été l’appel à manifestation d’intérêt 2019 NCU Cursus Ide@l et donc l’accompagnement proposé par le Service universitaire de pédagogie (SUP) Rennes 2.

Comment avez-vous mis en place cette démarche ?

S.D. Avec les 4 responsables de la mention et des parcours, nous avons travaillé en amont les concepts et le vocabulaire avec l’équipe d’ingénieurs pédagogiques du projet NCU Cursus Ide@l de l’Université Rennes 2 et d'Agrocampus Ouest. Puis, lors de plusieurs réunions nous avons expliqué la démarche aux collègues et nous avons travaillé avec eux collectivement sur la notion de compétence. Nous avons mis en place un système d’essais et de reformulations des compétences de la fiche RNCP complétées des éléments recueillis dans le cadre d’ateliers ou de questionnaires.

En effet, avec l’aide du SUP, nous avons réalisé un questionnaire à destination des enseignants. L’objectif était qu’ils lient, intuitivement, leurs enseignements à des compétences identifiées. En parallèle, un atelier en direction des étudiants animé par des ingénieurs pédagogiques a permis de connaître la vision des étudiants sur la formation mais aussi sur leurs compétences.

Nous nous sommes aussi appuyés sur nos conseils de perfectionnement et leurs comptes-rendus et, enfin, nous avons bénéficié de l’expérience d’un collègue PAST qui travaille en bureau d’études. Les compétences sont nourries de l’ensemble de ces travaux et seront validées en conseil de perfectionnement où des étudiants sont également présents.

Aujourd'hui, nous avons une première ébauche de famille de compétences. Maintenant, nous tentons d’articuler les compétences et les cours existants pour construire le parcours. Il faudra penser également à regarder le lien avec les majeures et mineures. L’APC modifie beaucoup d’éléments de notre diplôme, du moins dans son organisation et sa présentation formelle. Par exemple, elle implique de revoir parfois l’articulation entre les cours. Nous avons conscience qu’à terme certains éléments de la démarche seront bénéfiques mais elle est complexe à mettre en œuvre et demande du temps et, de ce fait, certaines personnes peuvent légitimement exprimer des réticences face à celle-ci. Donc nous souhaitons maintenant avancer sur la définition des blocs de compétences et modifier notre découpage actuel en UE pour privilégier celui des blocs de compétences.

Quels ont été vos réussites et vos freins ?

S.D. En ce qui concerne les réussites, cela nous a permis d’obtenir un nouveau regard sur notre formation même si nous avons toujours eu une logique d’évaluation des formations. Nous avons également rendu plus lisible notre offre de formation auprès des étudiants. Enfin la démarche a été impulsée sur l’ensemble du master.

Au-delà des questions fondamentales que pose l’APC sur l’articulation entre savoirs et compétences, il y a des difficultés identifiées à laquelle nous devons aujourd’hui faire face. Par exemple, les cours mutualisés sont compliqués à articuler avec l’APC, surtout d’un point de vue logistique. Une des solutions pourrait être de réfléchir à la mise en œuvre de cours davantage hybrides, mais cela pose d’autres questions pédagogiques sur la pertinence des approches.

Les perspectives seraient de stabiliser les grandes compétences, de commencer à appuyer ces compétences sur des blocs, de les articuler avec les cours pour la rentrée de septembre 2022.

Quels conseils donneriez-vous aux collègues ?

S.D. Mes conseils seraient d’anticiper un maximum et se faire accompagner par le SUP. Se lancer dans la démarche a permis de démystifier l’APC et d’en mesurer l’intérêt même si cela reste une démarche complexe qui pose de nombreuses questions. Les premiers effets se font sentir. Lors des Journées Portes Ouvertes, nous avons présenté notre Master plus clairement en affichant les compétences de façon plus explicite. Enfin, faire progresser nos pratiques pédagogiques est toujours motivant.