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Rencontre avec Noemi Garcia Arjona

Noemi Garcia Arjona est maîtresse de conférences à Rennes 2 et membre du laboratoire VIPS2. Lors de son arrivée à l’université, en 2017, elle a réfléchi, avec le soutien du SUP, à la mise en place d’un projet pédagogique.

Qu’est-ce qu’« AmphiSTAPS » ? Quelle est l’origine du projet ?

N. G. A. AmphisTAPS est un projet qui est associé au cours de Politiques Sportives Internationales, en Licence 3 de management du sport. Le projet propose une méthode pédagogique active sur des heures CM dans un contexte de groupes nombreux, comme par exemple cette année avec une promotion de 134 étudiants.

L’idée principale est que le cours s’appuie sur l’organisation de séances du Conseil de l’Europe (CoE) dans lesquelles les principaux thèmes de la politique sportive internationale actuelle sont abordés, comme le dopage, la violence dans les stades ou la manipulation des matchs.

L’origine du projet est venue un peu par hasard : quand j’étais en train de préparer ce cours pour ma première année en 2017, lors d’un colloque à Strasbourg j’ai visité le siège du Conseil de l’Europe. Cet endroit m’a inspiré pour proposer quelque chose de différent aux étudiants de Licence management, c’est-à-dire, une expérience de débat politique plus incarnée.

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Conseil de l'Europe
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L’idée d’une séance « réelle » de délégués représentants des pays membres du Conseil de l’Europe m’a inspiré pour monter ce projet.

Pour quelles raisons avez-vous développé le projet AmphiSTAPS ?

N. G. A. Probablement choquée par le fonctionnement du système universitaire français, venant de l’Espagne dont l’organisation des enseignements en cours de CM et TD n’existe pas, je ressentais que les étudiants en cours de CM et avec des promotions si nombreuses n’étaient pas si actifs ni engagés dans le cours que dans d’autres cours en STAPS (APSA ou cours TD comme les enseignements préprofessionnels, avec des groupes réduits).

Avec l’augmentation exponentielle d’effectifs au long des dernières années, les amphithéâtres et les grandes salles se trouvent fortement fréquentés, voire saturés, même dans les promotions de Licence 2 et Licence 3. Cela produit une difficulté pédagogique majeure qui empêche un suivi plus adapté aux besoins de chaque étudiant, lequel se déconnecte rapidement de ce type de cours et ne s’approprie pas des contenus de façon personnelle.

Quel a été le rôle du Service Universitaire de Pédagogie (SUP) dans ce projet ? Qu'a-t-il pu apporter ?

N. G. A. Afin de répondre à cette problématique, j’ai eu l’énorme privilège de compter sur le support des collègues du SUP et des ingénieurs de recherche du CREAD (au sein du projet DUNE DESIR), afin de rendre les étudiants en CM plus actifs et engagés au travers d’une mise en situation à la fois significative et attractive (gamification, role-playing) basée sur une hybridation des enseignements.

Lors des questionnaires d'évaluation du dispositif et rencontres avec les étudiants, nous avons constaté que les apports sont nombreux : les étudiants répondent mieux aux exigences et attentes de l’évaluation, ils voient autrement le cours et s’approprient des contenus en « jouant » aux rôles de délégués, lesquels doivent présenter la problématique de telle ou telle convention, ou débattre pour ou contre les thèmes les plus épineux de la politique communautaire.

Personnellement, j’ai beaucoup appris grâce au retour des étudiants et des collègues du SUP, cela m’a permis d’articuler mieux les contenus avec le type d’évaluation (un examen terminal) et à me faire voir comment l’étudiant doit avoir une expérience d’enseignement plus significative, étant le « protagoniste » de sa propre démarche d’apprentissage.